|
La Gazette du Cercle Terpsichore
|
| |
|
N°3 juin 2025 - Comité de rédaction : Yvonne Vart, Edda Guglielmetti, Magdeleine Méric, Agnès Troncy, Xavier Monimart, Jean-Marie Bruson et Patrick Visseq.
|
| |
|
Merci à Véronique Ormezzano, Marie Fritsch, Françoise Guilavogui, Yves Ormezzano, Daniel Fritsch, Thierry Serfaty et Stefano Da Venezia pour leur relecture.
Merci à Douchanka Mancini pour la traduction en italien.
|
| |
|
Chères lectrices, chers lecteurs,
Merci pour votre intérêt et votre soutien à la Gazette du Cercle Terpsichore. Vous êtes à ce jour 141 abonnés à parcourir nos rubriques sur la danse, le costume et la musique au XIXème siècle.
N'oubliez pas que cette Gazette est aussi la vôtre : vous avez la possibilité d'y participer de façon active en proposant des sujets à traiter, des idées de rubriques ou tout simplement pour partager une expérience autour de la danse et de l'histoire.
Mais avant de vous présenter ce numéro 3, le bureau et moi-même sommes heureux de vous annoncer la tenue des prochaines
Journées Européennes de la Danse Historique
du 14 au 17 mai 2026.
Cette deuxième édition se tiendra comme la précédente à Aix-les Bains, le week-end de l'Ascension 2026.
En attendant les informations plus détaillées qui vous parviendront avant l'été, notez d'ores et déjà cet évènement sur votre planning.
Quelques mots clefs pour ce numéro trois de la Gazette : couleur, humeur, chaleur et... Quadrille Français !
Plusieurs adhérents nous ont fait part de leurs interrogations concernant l'emploi de la couleur dans la mode féminine au XIXème siècle. Notre ami danseur et costumier Xavier Monimart nous propose un article éclairant sur ce sujet.
Danses libres ou chorégraphies ? Les deux, mon général ! Si la danse de couple chorégraphiée ne permet pas de prise d'initiative du Cavalier, en revanche, dans la danse libre, un espace est ouvert pour la spontanéité et la créativité du Cavalier. Oui, mais jusqu'où ? Yvonne Vart nous livre son billet d'humeur à ce sujet.
Et oui, même en mars il fait chaud en Sicile et plus particulièrement à Catane au bal du Palais Biscari, où Lucia Siragusa et ses adhérents ont réservé à leurs convives un accueil très chaleureux et joyeux. Magdeleine Méric de l'association Magdanses, nous livre ses impressions de cette belle soirée.
Jean-Marie Bruson du Quadrille Français nous fait revivre de façon condensée, sa conférence sur la danse à figure la plus célèbre du XIXème siècle, le Quadrille Français, conférence qu'il nous a proposé lors des JEDH 2024.
Dans le courrier des lecteurs, nous découvrons une formidable initiative collective inter-association.
Et pour conclure ce numéro trois, Edda Guglielmetti des Fêtes Costumées de Genève nous invite à lire un article sur les toilettes et les codes sociaux dans le roman du XIXème siècle.
En attendant les annonces des prochains bals de la saison 2025-2026, nous attendons avec impatience le bal Titanic de l'association Le Quadrille Français, qui clôturera la saison à Paris le 28 juin prochain. Préparez vos gilets...
Enfin, les Fêtes Costumées de Genève célèbrent leur 25ème anniversaire à Montreux/Vevey du 29 au 31 Août.
Pour rester informé(e) sur les évènements à venir, consulter notre site.
Bonne lecture et bel été à toutes et tous.
Patrick Visseq |
| |
|
La Saison des Bals 2024-2025
|
| |
|
Évènements organisés par les Associations membres de Terpsichore
28/06/2025 Le Quadrille Français, Paris
30/08/2025 Les Fêtes Costumées, Vevey-Montreux (Suisse)
Pour plus de renseignements se rapprocher de l’association organisatrice (les liens sont ICI)
La prochaine saison est en préparation.
Pour rester informé(e), consulter notre site. |
| |
|
La tenue féminine au XIXème siècle: hissez les couleurs !
|
| |
|
La codification des couleurs dans la mode féminine
durant la seconde moitié du XIXème siècle
A partir des années 1830, la bourgeoisie dominante instaure un code de savoir-vivre très strict, sorte de réminiscence de « l’étiquette » nobiliaire de l'ancien régime.
Dans ce code de savoir-vivre l’habillement est primordial et les couleurs des différentes pièces de vêtements jouent aussi un grand rôle.
On distingue très rapidement une nette différenciation des vêtements en fonction de l’heure de la journée et de l’endroit où madame se trouve mais également en fonction de la saison. Malgré cela une gamme très vaste de couleurs est possible. En cela ces dames ont beaucoup plus de choix que leurs homologues masculins.
Tenues de jour :
Si madame n’est pas censée sortir elle peut se permettre de porter une couleur claire. Par contre si elle doit faire des visites et se déplacer à pied elle privilégiera une tenue plus foncée (pour des raisons de facilité d’entretien) et plus sobre : en effet il est de très mauvais goût de porter à l’extérieur et en cours de journée une tenue trop ostentatoire même si on en a les moyens.
Comme ça l’est encore de nos jours, l’été, pour les tenues de jour, est plus propice aux couleurs claires que l’hiver.
Les couleurs sont très variées et ont des noms qui n’ont plus cours de nos jours : bleu azuline, ponceau (rouge), bleu Mexico, etc….
Tenues de bals :
Si on note une certaine retenue dans les couleurs des tenues de jour pour les tenues de bal toutes les teintes sont autorisées y compris le rouge : un article de la Mode Illustrée de 1865 précise que « Le rouge est fréquemment employé pour les toilettes d’enfants et de jeunes femmes, il n’est pas conseillé aux jeunes filles exceptées à l’état d’accessoire dans les toilettes de bal ».
Le blanc est extrêmement courant comme teinte de base associée à des éléments décoratifs de couleurs souvent vives et contrastées : ruchés et volants en tissu mais aussi rubans, galons, franges, fleurs, dentelles, etc… A noter que les dentelles ne sont que noires, blanches ou écrues ou exceptionnellement or ou argent et qu’il est très courant de mettre sur une même robe des dentelles noires et des dentelles blanches.
Les tendances vont le plus souvent aux teintes unies, aux camaïeux, ou à des associations de couleurs contrastées moins souvent aux tissus à motifs. La vivacité des couleurs peut s’expliquer par l’éclairage aux bougies ou un peu plus tard au gaz : elle compensait la faible luminosité des salons. Il faudra attendre l’extrême fin du siècle et l’éclairage électrique pour voir fleurir des teintes pastel parfois très pâles.
D’autres considérations comme les moments de la journée peuvent influencer le choix de la couleur d’une robe:
1) La saison : comme dit précédemment, surtout pour les tenues de jour, l’été , les couleurs claires sont privilégiées.
2) Les échéances de la vie :
- Les jeunes filles et les jeunes femmes ont le privilège des teintes les plus claires.
- Pour le mariage le blanc uni devient systématique. C’est une coutume relativement récente (du milieu du XIXème siècle). Etant donné que le blanc est également très prisé pour les robes de bal, la robe de mariée peut être « recyclée » facilement en étant agrémentée de garnitures de couleurs.
- Le deuil est une échéance de la vie très codifiée dans le domaine vestimentaire féminin de cette époque : on distingue trois périodes de deuil dont la durée varie en fonction du lien de parenté que l’on a avec la personne défunte. Le grand deuil, le demi-deuil et le petit deuil. Le grand deuil est entièrement noir, après un certain temps on passe au demi-deuil : toujours noir mais avec des garnitures de jais et enfin le petit deuil : dominante de noir mais qui peut être agrémenté de blanc ou de violet.
En matière de teinture textile cette seconde moitié du XIXème fait de très grands progrès dans le domaine des colorants chimiques. En effet le premier colorant de synthèse apparait en 1856. Ces colorants de synthèse permettent une meilleure stabilité dans les nuances difficiles à obtenir avec des teintures naturelles surtout sur des grosses quantités de tissus. De plus ils permettent la création de nombreuses teintes impossibles à réaliser à partir de produits naturels.
Ainsi la mauvéine, brevetée en 1856 donnant les couleurs mauve lilas et violette va-t-elle connaitre un immense succès et sera d’ailleurs la couleur préférée de L’Impératrice Eugénie. Dans un descriptif de robe de la Mode Illustrée de 1863 on peut lire « Ainsi une robe de ville en poult de soie de cette magnifique nuance violette que l’on doit aux recherches et aux travaux de la chimie moderne… »
|
| |
|
Billet d'humeur par Yvonne Vart !
|
| |
|
(...) la valse est la reine des danses. Malheureusement, beaucoup décorent du nom de valse, des mouvements désordonnés qui lui ressemblent comme la carpe à l’éléphant. Ils marchent, sautent, courent, galopent, tournent dans tous les sens, en bousculant tout le monde.
Eugène Giraudet, La danse, la tenue et le maintien...(55e édition) c.1897
Non, ce n’est pas tout à fait ce que j’ai vu lors d’un dernier bal : les danseurs ne couraient ni ne galopaient, mais certains faisaient tellement d’improvisations, de passes et de contorsions que je ne les ai jamais vus faire plus de 6 pas de valse à la suite ! Leur “valse” ressemblait plus à des allemandes (ou à du rock pour être plus contemporaine).
Et pourtant, quel plaisir d’accorder ses pas à ceux du partenaire et de tourner en harmonie ; le couple peut trouver une osmose, une entente physique et musicale qui peut procurer un bonheur intense.
D’autre part, avez-vous vu dans les gravures ou autres représentations de bals des bras en l’air ou des positions autres que le couple fermé ? Non, les couples sont enlacés et tournent sur le cercle, avec une belle homogénéité.
Nous essayons de respecter dans nos bals l’esprit de l’époque avec les musiques, les costumes, les coiffures... ; alors pourquoi déroger à l’esprit de la danse de couple ?
Pourquoi pas une pastourelle en fin de certaines phrases musicales ou de la valse à l’envers pour changer, mais par pitié, que la valse ne devienne pas un challenge pour le Cavalier qui se croit obligé de faire le plus de figures possibles avec sa partenaire. |
| |
|
Une soirée au Palazzo Biscari de Catane en Sicile...
|
| |
|
Magdeleine Méric de l'association Magdanses de Montpellier nous livre ses impressions du Bal donné à Catane en mars dernier par l'association Danzando l'800.
Êtes-vous déjà allés en Sicile, à Catane ?
Ceux qui sont venus au bal de Lucia Siragusa de l’association Danzando l’800 de Catane, ont découvert une ville où chaque porte cochère cache un palais.
Lucia a choisi un des plus beaux et plus vastes palais construits après le tremblement de terre de 1693, le Palais Biscari.
En prologue du bal, nous visitons cette demeure ancestrale en français et en Italien, en présence d’un descendant des Princes Biscari.
Après l’apéritif, nous prenons possession de la salle de bal grâce à une marche d’entrée au son d’une musique de Bellini, l’enfant du pays. Italiens, Suisses, Français forment des couples mélangés dans une bonne humeur évidente.
Le bal est lancé sous le signe de l’amitié, la convivialité, le plaisir de se retrouver. Le plaisir de danser ensemble toutes associations confondues, les crinolines s’entremêlant.
Les agapes copieuses se terminent autour d’un gros gâteau en l’honneur de Mongibello.
Qui est donc ce Mongibello très respecté et très aimé des habitants de Catane ?
Ce n’est pas un danseur, non. Un volcan, l’Etna.
23 heures, la « Walzer dei Saluti » ; nous devons nous quitter, nous n’avons pas envie de partir.
Heureusement nous nous retrouvons le lendemain pour une visite du Théâtre Bellini et de quelques lieux emblématiques de la ville.
Il ne reste plus qu’à remercier chaleureusement le groupe de Catane pour l’accueil exceptionnel qu’ils nous ont réservé. Un petit clin d’œil à Anne-Sophie qui a assuré la traduction des danses en Français.
Magdeleine Méric, |
| |
|
Teatro Massimo Bellini - Catane |
| |
|
L'évolution du quadrille au cours du XIXème siècle par Jean-Marie Bruson
|
| |
|
Paul Gavarni (1804-1866), Un bal à la Chaussée d’Antin (1832)
Deux quadrettes, au milieu de la foule, sont en train de danser la pastourelle. |
| |
|
Lors des Journées Européennes de la Danse historique à Aix-les-Bains en 2024, Jean-Marie Bruson nous a proposé une conférence passionnante sur le Quadrille Français.
En voici un condensé qui vous permettra de vous replonger dans la danse à figures la plus célèbre du XIXème siècle.
Le quadrille français a été pendant tout le XIXe siècle, la danse par excellence des bals parisiens, même si sa faveur, au fil des ans, a peu à peu diminué. Après avoir presque exclusivement occupé, vers 1820, les parquets de danse, il n’était plus, au milieu du siècle, d’après Cellarius, « admis que pour un tiers avec les valses et les polkas ». Sa prééminence se réduisit encore durant la deuxième moitié du siècle, mais, malgré tout, il était encore de tous les bals jusqu’à la guerre de 1914-1918, et les bals officiels s’ouvraient toujours par un quadrille d’honneur.
Apparue sous le Consulat, la suite de contredanses diverses, héritière du pot-pourri de contredanses introduit dans les bals vers 1770, se composait d’une succession de quatre, cinq ou six contredanses, dans un ordre aléatoire ; on parla bientôt de « quadrille de contredanses », le mot quadrille (provenant de l’italien squadra) signifiant, dans ce contexte, suite de, ensemble de. À ses débuts, le quadrille de contredanses réunissait les contredanses les plus variées, mais assez vite, quelques contredanses favorites devinrent de rigueur. C’est le cas de la Poule, par exemple, publiée en 1800, dont le succès ne se démentit jamais. Comme le notait le Journal de Paris du 17 avril 1807 : « La Poule est une des contredanses qui datent de sept ou huit ans, & qu’on danse encore avec le plus de plaisir. […] Femmes de Paris, apprenez la Poule, la Poule sera toujours à la mode. »
La forme « classique » du quadrille de contredanses se fixa sous la Restauration, composé de cinq figures immuables : le Pantalon, l’Été, la Poule, la Trénis (ou la Pastourelle) et la Finale (qui n’est qu’une reprise de la figure de l’Été encadrée de chassés-croisés).
Chacune de ces figures avait donc d’abord été une contredanse isolée, avec sa musique spécifique ; pour éviter la monotonie d’entendre toujours les mêmes airs, on prit bientôt le parti de plaquer sur des chorégraphies invariables, des musiques nouvelles.
Une des caractéristiques les plus notables du quadrille à ses débuts, est le haut niveau technique exigé des danseurs. De la contredanse du XVIIIe siècle, aux figures complexes et variées, mais aux pas simples, on était passé à une danse aux figures simples et stéréotypées, mais aux pas nombreux et difficiles. Ceux qu’on appelait les « beaux danseurs », au premier rang desquels il faut citer le fameux Trénis (qui a donné, comme on l’a vu, son nom à une figure du quadrille), eurent une influence considérable, au point que les bons danseurs de société égalaient, et parfois surpassaient, les danseurs professionnels. On a d’innombrables témoignages de ce fait, notamment sous la plume des nombreux étrangers qui, profitant de la paix d’Amiens, affluèrent à Paris dans les années 1802-1803. Comme le remarquait John Gustavus Lemaistre lors d’un bal où il était présent :
« Les dames dansaient admirablement bien ; mais elles semblaient le faire plutôt pour être admirées que pour s’amuser ; tout étranger entrant soudainement dans la pièce aurait cru se trouver devant des élèves de l’Opéra et non devant les héritières de nobles familles. Danser à Paris est plus une science qu’un amusement ; tandis que ceux qui dansaient semblaient surveiller leur moindre pas et conformer leur moindre mouvement à la règle, les spectateurs scrutaient et critiquaient avec une attention toute professionnelle » (A Rough Sketch of Modern Paris, 1803).
Dans ce contexte de haute virtuosité, un des moments-clefs du quadrille était l’exhibition du cavalier seul, dans la pastourelle ou dans la trénis, huit mesures durant lesquels le danseur devait montrer ses capacités techniques et son inventivité.
À partir de 1830, en même temps que l’appellation « quadrille de contredanses » était abandonnée au profit du simple « quadrille », ce dernier évolua et se simplifia sensiblement. Une des transformations notables fut le passage, très fréquent, d’une formation de quatre couples en carré, à celle de deux couples face à face, s’alignant sur d’autres quadrettes, pour former de longues colonnes. Cette configuration est dite, dans les manuels de danse étrangers, « à la parisienne ».
Une autre évolution marquante du quadrille fut l’apparition d’une nouvelle figure finale, la Saint-Simonienne. Cette figure est décrite pour la première fois dans un manuel publié en 1835 par un maître de danse assez obscur, nommé Saint-Jacome, qui proposait un « nouveau quadrille français » ; si ce nouveau quadrille semble n’avoir eu qu’une très modeste audience, la finale saint-simonienne, en revanche, devint extrêmement populaire et tendit à remplacer presque partout, la finale traditionnelle.
Par ailleurs, après plusieurs décennies de pratique de la virtuosité, les pas brillants commencèrent à être jugés prétentieux et de mauvais ton par la bonne société ; ils furent peu à peu abandonnés, au profit de simples pas marchés. L’abandon progressif des pas savants dans les salons fut contrebalancé par l’apparition de pas excentriques et dévergondés dans les bals publics. Ce sont les étudiants du quartier latin, et leurs compagnes les grisettes, qui introduisirent ces innovations dans le quadrille, bientôt appelé cancan, à la Grande Chaumière et à la Closerie des Lilas, vers 1829.
Le quadrille français, de plus en plus simplifié, continua d’être dansé régulièrement jusqu’à la Grande Guerre, mais il fut concurrencé, à partir de 1856, par l’apparition du Quadrille des lanciers, dont le succès fut fulgurant. Ce succès incita les maîtres à danser à proposer, pratiquement chaque année, un nouveau quadrille, tels le Calédonien (1857), le Prince impérial (1858), le Quadrille russe (1859), le Quadrille des dames (1861), les Variétés parisiennes (1866), etc. Aucun de ces quadrilles n’eut de succès durable ; seul le Quadrille américain créé par Gustave Desrat en 1880, parvint à s’imposer plus longuement. Composé pour pouvoir se danser sur la musique de n’importe quel quadrille français, il fut adopté avec enthousiasme par les jeunes générations, tandis que leurs parents réprobateurs n’y voyaient qu’une « cavalcade frénétique ».
L’examen des programmes et des carnets de bal des premières années du XXe siècle s’il nous montre que, si les danses tournantes ─ valses, polkas, scottish, etc. ─ avaient définitivement gagné la première place dans les soirées dansantes, elles laissaient pourtant une place honorable aux danses à figures ; dans la plupart des bals, on pouvait danser au moins deux ou trois lanciers, et autant de quadrilles (sans qu’on sache clairement ce qui se cachait sous ce terme générique : quadrille français, ou quadrille américain, ou encore un mélange des deux, puisqu’on sait que la boulangère du quadrille américain remplaçait parfois la saint-simonienne comme figure finale). |
| |
|
Michel-Olivier Lebas (1783-1843), La chaîne des dames (1821) |
| |
|
Michel-Olivier Lebas (1783-1843), L’Été (1818) |
| |
|
Chers lecteurs, cette rubrique vous est dédiée !
Vous avez envie de partager un sujet, une expérience, nous parler d'une découverte (danse, histoire, costume, musique...), alors n'hésitez pas à nous écrire à president@lecercleterpsichore.com
Cet espace est ouvert à toutes et tous ! On vous attend :-) |
| |
|
Agnès Troncy de l'association Le Quadrille du Lac (Aix-les-Bains) nous raconte une journée de partage et de danses organisée conjointement par trois association du Cercle Terpsichore : Le Quadrille du Lac, Révérences (Lyon) et Les Fêtes Costumées (Genève).
Merci à Agnès pour sa contribution au courrier des lecteurs.
« Quelle bonne idée, à partir d'un stage sous la conduite de Richard Powers ouvert à tous les associations, d'organiser ensuite une journée de révisions !
Pour ne pas oublier les pas, et pour ne pas oublier les autres passionnés !
C'était le 16 février dernier et nous avons répondu nombreux à l'appel !
Comme de juste, cette révision s'est inscrite dans l'esprit du partage, organisée par nos 3 associations de notre belle Région Rhône Alpes et de Suisse ; Ainsi, les lyonnais (Association Révérences), savoyards (Association Le Quadrille du Lac), genevois et vaudois (Les Fêtes Costumées) ont dansé ensemble, partagé un repas canadien ensemble, (beaucoup) ri ensemble, et (beaucoup également) cherché leurs pas.
Et si pour un certain nombre d'entre nous c'est l'appréhension qui dominait au début de la journée (serais-je au niveau ?), c'est une très belle communion des esprits, de la mémoire et de nos pieds qui s'est opérée.
Sous la direction d'Yvonne Vart et d'Annie Vignot le Borne, les danses apprises avec Richard ont repris forme, les couples de danseurs se sont formés et re-formés, et au plaisir de la danse, s'est ajouté le plaisir de fraterniser avec les autres associations.
Et c'est ainsi qu'une journée dense de travail de mémoire et du corps est devenue un merveilleux souvenir pour nos 3 groupes.
Continuons à échanger, à partager, c'est la richesse finalement de Terpsichore, et ce qui renforce notre passion ! »
Agnès Troncy / Le Quadrille du Lac |
| |
|
Merci à Edda Guglielmetti de l'association Les Fêtes Costumées de Genève qui nous propose un article en ligne sur Les toilettes de bal et codes sociaux dans le roman du XIXème siècle.
" Rite et corporalité, la danse est de tous temps une pratique privilégiée de la sociabilité, où l’harmonie du corps signifie la grâce de l’esprit. À la Renaissance, le ballet est en fait un bal de cour, miroir d’une société ordonnée, qui donne à voir sa magnificence, ce qui explique la permanence d’une fascination qui se répercute dans les bals des siècles suivants. La danse collective est dépassement de soi et attention à l’autre, étude personnelle et application fédératrice, soudant la cohésion sociale et permettant à la fois un contrôle et une libération corporels... "
Lire la suite...
|
| |
|